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Recrutement 2.0 : l’avènement des réseaux sociaux ?
A l’heure du web 2.0, les réseaux sociaux se sont installés dans le quotidien des internautes jusqu’à s’infiltrer sur le marché de l’emploi. Près de dix ans après le lancement de LinkedIn, leader sur le marché des réseaux sociaux professionnels, ceux-ci sont devenus des outils incontournables pour gérer efficacement sa carrière professionnelle. Ces plateformes d’échanges privilégiés représentent des nouveaux enjeux importants pour les
professionnels du recrutement. Enquête.
Selon un sondage Médiamétrie publié en février 2011, un internaute passe plus de 15% de son temps virtuel sur les réseaux sociaux. Si dans ce domaine, Facebook est le leader incontesté du grand public avec près de 740 millions de membres à travers le monde, d’autres, à usage exclusivement professionnel, sont plébiscités par les responsables des ressources humaines qui y trouvent un réel intérêt en matière de réseautage et de recrutement. En effet, «l’utilisation du média social dans la recherche d’emploi devient plus fréquente car elle permet de cibler le poste voulu et l’entreprise », souligne Marc Riou, directeur général du cabinet de sondages Kelly Services.
Chef de file des réseaux sociaux professionnels qui revendique plus de 120 millions de membres depuis le mois d’août 2011, LinkedIn est entré en bourse en mai de cette même année. Ce service en ligne propose depuis 2003 de construire et d’agréger son réseau professionnel. Présent dans 200 pays à travers le monde, le site enregistre à l’heure actuelle une moyenne de deux inscriptions par seconde. Ce « réseau de connaissances » est avant tout un outil de gestion de réputation en ligne et de « personal branding » mais de plus en plus de responsables RH utilisent ce nouvel outil pour recruter leurs futurs collaborateurs.
D’autres réseaux sociaux professionnels concurrents directs de LinkedIn sont apparus ces dernières années à l’instar de Viadeo, réseau social professionnel français qui recense aujourd’hui près de 35 millions de membres dont 4,5 millions en France ou l’allemand XING qui compte quant à lui plus de 10 millions de membres dans le monde.
Une guerre d’influence
La finalité principale de LinkledIn et Consorts est de créer et d’alimenter son réseau professionnel en ajoutant des contacts ou des opportunités de business, et d’être recommandé par quelqu’un de votre réseau de contacts. Du côté des employeurs, ceux-ci peuvent diffuser des offres d’emplois et chercher des futurs collaborateurs. La grande majorité de ces sites ont un modèle économique qui repose sur trois sources de revenus comme LinkedIn par exemple, dont la publicité représente 30% de ses ressources, les abonnements 21% et les services de recrutements 49%.
Pour se développer à l’international, LinkedIn a misé sur une déclinaison de son réseau par pays. La version espagnole du site a été lancée en août 2008 et le site a lancé sa version française le 25 novembre 2008. Le site Viadeo quant à lui, assure son développement à l’international principalement au travers d’une politique d’acquisition. Ainsi Viadeo a racheté le réseau chinois Tianji en décembre 2007 puis le réseau espagnol ICT Net en juillet 2008. Pour renforcer sa présence en Asie, il rachète le réseau indien Apna-Circle en janvier 2009, et en octobre de la même année Unyk, un site Web canadien de gestion de contacts. Cette dernière acquisition permet à Viadeo de s’implanter en Amérique du Nord et de se renforcer fortement dans les BRICS (Brésil – Russie – Inde – Chine – Afrique du Sud).
Bien que ces différents réseaux sociaux professionnels ne cessent d’accroître leur influence sur le marché de l’emploi, le recrutement via ces sites reste une démarche relativement rare. Selon un sondage Kelly Services publié sur le site de recrutement RegionsJob.com en mai dernier, seul 1% des sondés aurait trouvé leur emploi grâce aux réseaux sociaux. Cette même enquête révèle que seulement 15% des personnes interrogées trouvent essentiel d’être présent sur ce type de réseaux. Cependant le recrutement via les réseaux sociaux est une pratique qui tend à se généraliser. Une enquête Novamétrie d’avril 2011, montre que 86 % des DRH définissent les réseaux sociaux comme «une nouvelle forme de lien social » et plébiscitent leur utilisation.
Le cas Facebook
Leader incontesté des réseaux sociaux grand public dans le monde, Facebook intéresse les spécialistes du recrutement. Et si le plus grand réseau social virtuel du monde était l’endroit idéal pour trouver de futurs collaborateurs ? C’est en tout cas le pari qu’ont fait plusieurs entreprises comme Work4Labs, éditeur de Work4Us, une application de recrutement qui s’intègre à la Page Facebook des compagnies. Les entreprises peuvent donc publier des offres d’emploi sur leurs pages Facebook en les important automatiquement grâce à ces nouveaux outils. Elles facilitent ainsi la recherche efficace de candidats, tout en disposant d’un outil à moindre coût et lié à une communauté d’internautes très importante. Elles peuvent aussi cibler des candidats spécifiques pour toucher les mieux qualifiés et les plus motivés. Des grandes entreprises à l’instar d’Areva ou de L’Oréal ont choisi cette application pour tenter de recruter via Facebook.
D’autres entreprises ont choisi de recruter via Facebook en créant le buzz. C’est le cas par exemple de la chaîne de magasins Discount Privilège (hi-fi électro ménager) qui a organisé fin 2010 un jeu-concours sur Facebook pour recruter cinq personnes. Pour participer, les candidats disposaient de quinze jours pour envoyer une vidéo de présentation de deux minutes. Ceux qui comptabilisaient le plus de votes étaient ensuite convoqués à un entretien. Cette campagne « virale » de recrutement n’a pourtant eu qu’un succès mitigé. Le recrutement sur Facebook n’est pas encore entré dans les mœurs et de nombreux candidats sont encore frileux quant à postuler via leur profil Facebook qui concentre beaucoup de données personnelles.
Pour de nombreux recruteurs, Facebook représente un véritable catalogue de possibles collaborateurs, et ils n’hésitent pas à naviguer attentivement sur les profils de leurs éventuelles recrues. Mais il est souvent préférable que les recruteurs ignorent certaines des données personnelles qui se trouvent sur ces-dits profils. C’est pourquoi les spécialistes des ressources humaines recommandent de verrouiller au maximum l’accès à son profil et de limiter le partage d’informations.
En conclusion, les réseaux sociaux représentent bel et bien une plateforme privilégiée pour les recruteurs avides d’informations sur leurs possibles collaborateurs et les candidats, qui ont désormais un accès direct avec les représentants des entreprises. Toutefois, c’est une pratique encore peu usitée. De même, les spécialistes des ressources humaines s’accordent à dire que les réseaux sociaux professionnels ont pour finalité première de gérer son réseau pro. Certains ajoutent même qu’il n’est pas spécialement conseillé de se créer un profil sur ces sites dans une période de recherche d’emploi car ils fonctionnent avant tout grâce aux recommandations .
Bien qu’en pleine expansion, le recrutement via les réseaux sociaux ne représentait qu’1% des embauches en 2010 en France. Cette année, la proportion devrait atteindre les 10% et les professionnels annoncent une généralisation de cette pratique dans les années à venir.
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Le recrutement (ou en tous les cas la veille et le “pré-recrutement”) via les réseaux sociaux va se développer fortement parce qu’un profil sur un réseau social en dit bien plus long sur une personne qu’un CV classique…