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Depuis le début des années 2000, Internet s’est emparé du quotidien du monde occidental jusqu’à devenir incontournable tant dans le domaine professionnel que dans le privé. C’est d’ailleurs pourquoi depuis plusieurs années, un nouveau métier a fait son apparition : le Community Manager. Tour d’horizon de la dernière profession à la mode.

Plus de dix ans après l’explosion de la bulle Internet de mars 2000, le web a pris une part très importante dans le quotidien du monde occidental. D’après une étude TNS Sofres publiée en octobre 2010 sur Le Journal du Net, près de 92% des français par exemple surfent quotidiennement sur Internet et estiment en moyenne se connecter quatre fois par jour. Ce n’est donc pas étonnant que le web soit devenu le média le plus influent, comme l’a révélé en juin 2010 une enquête réalisée par Fleishman-Hillard et Harris Interactive.
A l’ère 2.0, les réseaux sociaux représentent à eux-seuls près de 15% du temps virtuel des internautes. En quelques années, ces plateformes d’échanges sont devenues des espaces de publicité, de vente et même de recrutement, très prisés par une grande majorité des entreprises.  Avec un nombre d’utilisateurs avoisinant les 746 millions, Facebook par exemple est l’une des vitrines virtuelles les plus consultées à l’heure actuelle. Les marques se doivent donc d’être présentes sur les réseaux sociaux mais la présence effective ne se suffit pas. Il faut aussi et surtout que ces-dites pages « pro » soient mises à jour très régulièrement, modérées, animées, pour que la communauté d’utilisateurs ne se lassent pas. Et c’est là que le Community Manager entre en jeu.

Animer et fédérer les échanges d’une communauté

Le gestionnaire de communauté, ou le Community Manager, est donc un nouveau métier qui a pour but principal d’animer et de fédérer pour une société ou une marque, les échanges entre internautes utilisant les services web tels que les réseaux sociaux et de faire respecter les règles de bonne conduite au sein de cette communauté. Il doit donc se servir des nombreux outils de communication disponibles sur le web afin de mettre en avant la marque pour laquelle il travaille tout en modérant les interactions des membres de sa communauté.

Le Community Manager doit susciter l’intérêt des membres de la communauté virtuelle. Il peut pour cela favoriser l’échange d’expériences au sein de la communauté. « L’idée c’est de fidéliser les membres d’une page Facebook ou d’un compte Twitter en alternant avec des infos sur l’entreprise, des sondages ouverts seulement aux abonnés, des jeux-concours, … mais ce n’est pas tout, une part importante du travail consiste à identifier les communautés sur le web pouvant faire connaître la marque type bloggeurs, forums, listes de discussion, … », explique Elsa Tartary, Community Manager pour GardiCanin.fr.

L’art de maitriser Facebook

Les professionnels du web s’accordent à dire que pour être efficace, un Community Manager doit avant tout s’intéresser aux thématiques de l’entreprise et parler le même vocabulaire que sa communauté. Il doit ainsi maitriser le jargon, les codes et les bonnes pratiques qui façonnent aujourd’hui le web. En outre, il faut aussi que le Community Manager ait des connaissances techniques des réseaux sociaux et communautaires tels que Youtube, Linkedin, Facebook, Twitter, la blogosphère ou encore les forums à l’instar de celui de jeuxvideos.com. Pour autant, certaines entreprises confèrent à leur Community Manager d’autres missions plus étendues comme la création de partenariats, la mise en place d’outils de communication, l’organisation d’évènements réunissant la communauté.

« Le statut de Community Manager n’est pas encore bien défini à l’heure actuelle. Leurs prérogatives varient d’une entreprise à une autre, selon la taille de celle-ci mais aussi de leur implantation sur la Toile et le nombres de membres que comptent leur communauté », explique Elsa Tartary. La formation demandée dépend principalement du secteur d’activité de l’entreprise. Si en grande distribution, il est préférable d’avoir une formation marketing, les formations journalistiques sont recommandées dans le secteur des médias. « Le Figaro, par exemple, recherche un profil journaliste pour son poste de Community Manager car il travaillera en liens étroits avec la rédaction », confie Catherine Ertzscheid, coauteur de l’ouvrage Le Community Management, Stratégies et bonnes pratiques pour intéragir avec vos communautés (Editions Diateino). « Mais ça ne donne pas droit à la carte de presse », rajoute-t-elle.

Formations spécialisées

« Master en lettres, sciences humaines, communication, IEP (institut d’études politiques), école de journalisme… Le métier de Community Manager est accessible après toutes les formations qui amènent à produire du contenu », résume Damien Crequer, fondateur du cabinet de chasseurs de têtes Taste, qui a notamment recruté le Community Manager de Deezer. S’il n’existe pas encore de formation officielle au Community Management, la donne devrait bientôt changer. La rentrée 2011 connait un boom des formations spécialisées.

Deux nouvelles écoles en trois ans proposant une formation au Community Management ouvrent donc leurs portes depuis le début du mois de septembre 2011 : l’EEMI (Ecole européenne des métiers de l’Internet), lancée par Xavier Niel, patron de Free, Marc Simoncini, fondateur de Meetic, et Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente-privée.com ; et Sup’Internet, école spécialisée dans les métiers de l’Internet du groupe IONIS.

Ce n’est pas tout. L’Inseec, école de commerce, a également mi en place une formation dédiée au Community Management (master Web Community Management & réseaux sociaux). « Il y a une nouvelle demande de la part des entreprises, répond Laurent Bergeruc, directeur MBA et masters INSEEC. Nous l’avons compris en interrogeant des professionnels ». Côté universités, la Sorbonne Nouvelle a lancé pour cette rentrée  en septembre 2011, le master 2 professionnel Expert media, qui prépare notamment au Community Management. NB : le Master 2 Pro ‘Expert Media’ s’est vu refuser son habilitation auprès du Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur.

La valeur de l’expérience

« Les écoles de commerce et de communication intègrent le ‘social media’ dans leur cursus mais libre à l’étudiant de suivre une formation spécialisée. Ce qui compte vraiment c’est l’expérience terrain et la pratique des outils du Community mangement », estime Laëtitia Lecacheur, social media Manager chez Provalliance. Reste donc à s’entrainer et à s’inspirer des maitres du genre à l’instar de Christophe Ramel (@Kriisiis), Community Manager freelance qui est suivi par plus de 20 000 abonnés sur Twitter.

Pour finir, une question reste en suspens. Ce métier 2.0 a-t-il de l’avenir ? Qu’adviendra t-il des Community Managers dans dix ans alors qu’une grande majorité des internautes saura se servir des réseaux sociaux instinctivement ? A voir. Pour l’instant, une chose est sûre, le Community Manager a encore de belles heures  devant lui.


3 commentaires pour “Community Management : entre communication et modération”

  • Bonjour,

    Je suis la Community Manager de La Tribune et je n’ai pas le souvenir d’avoir été recrutée par Damien Crequer, comme cité dans l’article !

    (cf : « Master en lettres, sciences humaines, communication, IEP (institut d’études politiques), école de journalisme… Le métier de Community Manager est accessible après toutes les formations qui amènent à produire du contenu », résume Damien Crequer, fondateur du cabinet de chasseurs de têtes Taste, qui a notamment recruté les Community Managers de la Tribune et de Deezer.)

  • Bonjour Marie,

    nous avons récupéré cette information depuis l’article traitant du même sujet sur le site de l’étudiant.fr.
    Néanmois n’avez vous pas été recruté par le cabinet de chasseur de têtes “Taste” ?

  • Merci Charles pour votre réponse.
    Pour info, je n’ai pas été recrutée par un cabinet de chasseur de têtes, que ce soit “Taste” ou autre.

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